Ce matin, j’accompagnais Françoise de Panafieu dans le 2e pour une rencontre avec les associations du logiciel libre organisé à la Cantine, dans le « Silicon Sentier», quartier de notre arrondissement où sont implantées de nombreuses start-ups Internet.
Ce rendez-vous nous a permis de rappeler nos priorités en matière de développement numérique de la Capitale.
En présence de Jean-Charles Bossard, candidat dans le 6e et chargé des questions numériques à l’UMP-Paris, Françoise de Panafieu a jugé le bilan de l’équipe municipale bien maigre et basé surtout sur des effets d’annonce en fin de mandat. Nos hôtes, spécialistes de la question n’ont pu qu’approuver…
En effet, il aura fallu la déconvenue des Jeux Olympiques pour que le Maire de Paris annonce, en janvier 2006, un plan à haut-débit pour la capitale, présenté comme une initiative majeure de son mandat. Cette belle annonce n’a été suivie d’aucune mesure concrète jusqu’au… 17 février 2008, en pleine campagne électorale, avec l’annonce pour la fin 2009 (sic !) du raccordement à la fibre optique de 100.000 logements sociaux… pour un euro par mois !
Dans le même temps, les services en ligne proposés sur le site Internet de la Ville de Paris sont quasi inexistants. D’ailleurs, dans le classement des Villes Internet, qui va de 1 à 5 « arobases », la Ville de Paris n’en a jamais obtenu aucune !
Paris, Capitale du logiciel libre ? La réalité est moins flatteuse : les sites Internet des arrondissements sont administrés par un prétendu « logiciel libre »… baptisé Lutèce et qui n’est qu’en réalité un archaïque développement réalisé par les services de la Ville dans les années 1990. Ajoutons que le « partenariat » signé le 29 janvier 2008 entre la Ville de Paris et Microsoft, suite à la visite de M. Bill GATES à l’hôtel de Ville, éclairera sans doute d’un jour nouveau le « grand et généreux élan vers le logiciel libre » de Monsieur Delanoë…
Enfin, le WIFI mis en place dans certains points de la capitale (parcs, musées, bâtiments publics et parvis de l'hôtel de Ville) et seulement à certaines heures est subventionné par les contribuables. Ce service repose, a rappelé Françoise de Panafieu, sous la double menace d’un modèle financier fragile, auquel ont renoncé toutes les villes du monde, y compris San Francisco, et d’un recours bien argumenté déposé au tribunal administratif par un opérateur télécom.
Si Françoise de Panafieu s’est déclaré favorable au fait que la ville de Paris propose des accès WIFI gratuits dans les bâtiments municipaux (mairies, bibliothèques…), elle estime que la Ville a beaucoup plus intérêt à favoriser une offre d’opérateurs privés en situation concurrentielle que de se substituer à eux.
Les propositions de Françoise de Panafieu, exprimées depuis décembre 2006, s’articulent autour de 3 axes :
1°) remettre le citoyen au cœur de l’administration municipale : permettre au citoyen d’effectuer ses démarches administratives par une approche multicanaux (web, téléphone, guichet, SMS, courrier) avec une qualité de service garantie : annonce d’un délai prévisionnel de traitement, possibilité de suivre l’avancement de sa demande et accès à un espace citoyen personnel sur le web. Elle propose l’ouverture d’une mairie virtuelle, accessible 24h/24, 365 jours/an par téléphone (3975) et par le web.
2°) recentrer le rôle de la Ville dans le plan à Très Haut Débit et WIFI : la ville de Paris ne doit payer que l’infrastructure, dont elle doit rester propriétaire, et se rémunérer sur l’augmentation de l’activité économique induite par le réseau. L’objectif est d’augmenter considérablement les échanges entre les commerçants, les touristes et les parisiens. La ville doit exiger une sorte de label « Haute Qualité Numérique » pour toutes les constructions neuves.
3°) faire de Paris un pôle d’excellence dans les métiers de la création numérique et de l’industrie du logiciel et développer des programmes de réduction de la fracture numérique, notamment dans les cours municipaux d’adultes de la Ville de Paris ou dans les centres d’animation. La Ville de Paris, a conclu Françoise de Panafieu, peut devenir la plus belle vitrine de la créativité française en matière de contenus et une ville symbole de l’innovation en matière de services aux citoyens.
Cette politique sera étroitement liée au dynamisme économique retrouvé de Paris.
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